One Planet Summit: 12 engagements internationaux décidés

Le One Planet Summit s'est clôturé à Paris avec une série d'engagements décidés en matière de lutte contre les changements climatiques
Le One Planet Summit s'est clôturé à Paris avec une série d'engagements décidés en matière de lutte contre les changements climatiques

A l’issue du One Planet Summit, qui s’est tenu le 12 décembre à l’île Seguin à Boulogne-Billancourt, à l’ouest de Paris, douze engagements internationaux en matière de lutte contre les effets du changement climatique ont été annoncés.

Organisé à l’initiative du Président français, Emmanuel Macron, du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres et du Président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, le One Planet Summit a réuni plus d’une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernements ainsi que des hauts responsables des secteurs publics et privés en provenance de 130 pays pour un engagement plus fort et plus concret du monde de la finance.

Deux ans après l’historique Accord de Paris, conclu à l’issue de la COP21 en 2015, Paris a organisé le One Planet Summit afin de trouver de nouveaux moyens de financement de la lutte contre le changement climatique. Un grand nombre de hauts responsables du monde entier y ont été présents et notamment des pays les plus touchés par le changement climatique.

Quelque 4000 participants spécialistes et experts dans le domaine de l’environnement et de la finance verte assistaient également au sommet. Un grand nombre de fonctionnaires de grandes villes, de dirigeants d’entreprises, de banques de développement, de banques centrales, de fonds, de banques investisseurs et d’organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales y ont participé et ont fait preuve de leurs engagements au respect de la planète et du climat.

Mobiliser les acteurs financiers et leurs décisions à travers des actions des banques centrales, des entreprises et des banques de développement, la mise à disposition des fonds souverains et la mobilisation des investisseurs institutionnels, tels étaient les objectifs du One Planet Summit.

Avec un ton alarmant, Emmanuel Macron, le Président de la République, a alerté de la nécessité d’une action urgente : « Nous sommes en train de perdre la bataille. On ne va pas assez vite et dans cinquante ou soixante ans, des chefs d’États ici présents auront disparu avec leur population ».

Bilan du sommet : la finance au service du climat avec une série d’engagements

Ce sommet ambitionne d’accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’ancrer les problématiques climat au cœur de la finance. Il vise à accroître le financement de l’adaptation et de la résilience au changement climatique pour faire face aux évènements extrêmes dans les états insulaires, protéger les terres et les ressources en eau, mobiliser la recherche et la jeunesse en faveur du climat et faciliter l’accès des collectivités aux financements climat.

Accélérer la transition vers une économie décarbonée pour atteindre l’objectif zéro émission, développer des transports sans pollution et atteindre un prix du carbone compatible avec l’Accord de Paris et contribuer aux révolutions sectorielles vers une économie décarbonée, font également partie des engagements annoncés lors du One Planet Summit dont nous citons quelques-uns ci-après :

Un accord a été signé notamment entre le programme des Nations unies pour l’environnement et le Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF) pour lever des fonds privés dans le but de financer des projets ayant un impact environnemental et social significatif dans les pays les plus vulnérables. L’objectif est de mobiliser, d’ici à 2025, 10 milliards de dollars.

La Fondation de Bille Gates, la Commission Européenne et un certain nombre de pays dont la France ont, de leur côté, annoncé la mise à disposition d’une enveloppe totale de 650 millions d’euros, pour aider les agriculteurs à s’adapter aux bouleversements climatiques et notamment dans les pays en développement. « La France prendra en charge le reste pour atteindre 1 milliard de dollars au total », a déclaré Emmanuel Macron, le Président de la République.

Pour lutter contre la dégradation des terres et la désertification, un fonds vient d’être créé à hauteur de 300 millions de dollars ; il est destiné à compenser la dégradation des terres d’ici 2030.

Les participants au One Planet Summit ont convenu d’élaborer une plate-forme pour financer 100 projets dans les domaines du changement climatique et de l’eau en Afrique au cours des cinq prochaines années ; un financement initial à cette fin a été décidé d’une valeur de 20 millions d’euros.

Parmi les engagements annoncés, la création d’un cadre commun entre les villes pour faciliter leur accès aux financements publics et privés afin de mettre en œuvre le plan de transition vers des villes durables et accélérer la transition vers une économie décarbonée tout en fixant une trajectoire de « neutralité carbone« . La création d’un observatoire spatial sur le climat a été également une décidée pour fournir toutes les données concernant l’état de la planète à différents pays et à des institutions scientifiques. Cette initiative a reçu le soutien de toutes les agences spatiales européennes, des pays comme l’Inde et la Chine, la Russie, le Maroc et les Emirats Arabes Unis.

34 pays ont créé une alliance visant à plafonner les émissions de CO2 liées aux transports maritimes. Huit Etats dont la France visent à accroître les investissements dans les transports propres, avec la participation d’entreprises françaises telles que Michelin et Alstom et diverses villes et régions du monde. Huit régions de l’Ouest des Etats Unis se sont par ailleurs engagées à développer sur leur territoire une plateforme de véhicules électriques.

L’alliance solaire internationale se donne jusqu’en 2030 pour mobiliser 1000 milliards de dollars auprès d’investisseurs des secteurs privé et public.

Plus de 200 entreprises internationales représentant une capitalisation boursière cumulée de plus de 6.300 milliards de dollars, ont promis de fournir une gestion encore plus transparente. Elles vont ainsi expliquer dans leurs prochains rapports comment elles intègrent les risques climatiques dans leurs décisions et l’impact de leurs actions sur la planète.

Les participants se sont engagés à ne plus exploiter les énergies fossiles. Outre la Banque Mondiale qui a annoncé qu’elle cesserait de financer après 2019 les explorations et les exploitations du secteur gazier et pétrolier, l’assureur Axa a déclaré qu’il arrêterait désormais de couvrir tous les investissements dans le pétrole et le gaz et a annoncé engager 12 milliards d’euros de projets verts d’ici à 2020.

La Fondation Gates et BNP Paribas vont consacrer un budget de 15 millions d’euros à l’accueil des jeunes chercheurs de pays émergents via des bourses universitaires. En parallèle, la Commission européenne mobilise au même titre 40 millions d’euros.

23 banques de développement nationales et régionales appartenant au réseau IDFC (Chine, Allemagne, Brésil, Suède, Canada, France, etc.) ainsi que les banques multilatérales de développement augmenteront à plus de 200 milliards de dollars les financements dédiés à la mise en œuvre de l’Accord de Paris.

Plusieurs fonds souverains dont celui de la France, la Norvège, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie aaoudite, le Qatar, le Koweït et la Nouvelle-Zélande, représentant 15 000 milliards de dollars, ont décidé de lancer une coalition inédite pour diriger les financements vers des actions climatiques. L’initiative sera pilotée par la France et la Norvège.

Deux cent vingt-cinq grands investisseurs institutionnels représentant plus de 26.300 milliards de dollars d’actifs sous gestion vont faire pression sur les 100 entreprises cotées les plus émettrices de gaz à effet de serre.

Pour le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, « il faut avant tout veiller à ce que les pays riches honorent leur engagement et apportent 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2020 à l’intention des pays en développement ». Il préconise la mobilisation des capitaux privés, l’engagement des institutions du développement, y compris le Groupe de la Banque Mondiale, pour créer la confiance et réduire les risques et la création, par les gouvernements, d’un environnement propice à ces investissements.

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